F62-1 – Alpine Renault A310 Racing

La série Foreign accueillait déjà deux modèles du constructeur Alpine Renault, en la personne de l’A442 Turbo et de l’A310. Après la version rallye de cette dernière, Tomica a remis le couvert quelques temps plus tard avec une déclinaison dite « Racing » aux couleurs du Poisson Dieppois. Pure invention que cette décoration? Absolument pas!

C’est en 1971 qu’apparaît l’Alpine A310. Destinée à remplacer la mythique A110 couramment surnommée « berlinette », elle ne boxe pourtant pas dans la même catégorie que sa glorieuse aïeule. En effet, la nouvelle venue se veut plus confortable, plus typée grand tourisme. Sous le capot, c’est dans un premier temps le 4 cylindres qui équipe la Renault 16 TS (et la Lotus Europa S2 dans une version dérivée) qui est adopté. Si celui-ci permet à l’A310 d’offrir un bon niveau de performances, au sein de la firme dieppoise, on pense à installer un moteur plus gros. Un V6, par exemple…

Dès 1974, un prototype muni d’un bloc à six cylindres en V est assemblé. Une équipe Renault-Gordini de Viry Châtillon, sous la houlette de l’ingénieur Jean-Pierre Boudy, modifie en profondeur un V6 2,7l PRV de 150 chevaux (le quatre cylindres équipant l’A310 en développait pour sa part 127), le dotant notamment d’un système d’injection Lucas et de culasses spécifiques. Au final, le bloc voit sa cylindrée passer à 2,8 litres, et sa puissance grimper à 300 chevaux. Il est accouplé à une boîte de vitesses ZF, tandis que l’aérodynamique du prototype est étudiée par Marcel Hubert, un ingénieur ayant déjà oeuvré sur l’Alpine M63 des 24 heures du Mans 1963. Les premiers essais menés durant l’hiver 1974/75 à Dijon sont prometteurs, le prototype tournant 3 secondes plus vite que les Porsche 911 Turbo. Mais Renault décide finalement de stopper le projet pour des raisons de coûts de développement trop importants.

Poisson dieppois, poisson de choix!

Un temps stocké dans un coin du service compétition d’Alpine à Dieppe, le prototype est découvert en 1975 par un pilote normand réputé, Bernard Decure, qui travaille en tant qu’inspecteur technique de la marque normande. Et avec l’aide de Mauro Bianchi, le pilote ayant mené les essais de la voiture, il parvient à se rendre propriétaire de celle-ci le 14 avril 1976. Mais sans le moteur conçu par Jean-Pierre Boudy, retourné chez Renault-Gordini en région parisienne. Sur les conseils du célèbre commissaire-priseur/pilote Hervé Poulain, Bernard Decure va décider engager la voiture aux 24 heures du Mans. Avec l’aide du personnel d’Alpine, le prototype est mis à nu. La boîte de vitesses ZF est conservée, mais les trains roulants sont revus avec des suspensions durcies et montées sur rotules Uniball, et le système de freinage se voit renforcé. Des jantes larges spécifiques conçues par Gotti sont installées et la carrosserie du prototype est modifiée avec l’adoption d’un kit ailes larges « Groupe 5 » équipant l’A310 de Guy Fréquelin en rallye. Enfin, un moteur V6 PRV préparé à 225 chevaux prend place sous le capot.

Parallèlement à ce travail de préparation, Bernard Decure se met en quête d’un sponsor. Et c’est sur les terres d’Alpine, à Dieppe, qu’il le trouvera. A cette époque en effet la chambre de commerce locale, qui gère le port de pêche, promeut la production locale sous le slogan « Poisson Dieppois, Poisson de Choix! ». Sollicité par Bernard Decure, l’organisme acceptera de sponsoriser l’A310 pour l’édition 1977 des 24 heures du Mans. Le styliste d’Alpine, Yves LeGal, réalisera une maquette pour valider la décoration, puis André Pierre Le Guen se chargera de la fabrication des adhésifs.

Des débuts prometteurs, et puis…

Deux pilotes chevronnés sont engagés aux côtés de Bernard Decure sur l’épreuve mancelle. Il s’agit de Jacky Cauche, surnommé « cochise », qui court avec succès en courses de côte, et du rallyman Jean-Luc Thérier (qui aurait pu être couronné champion du monde des rallyes en 1973 sur Alpine A110 si le championnat pilote avait existé à l’époque). Malgré une puissance plus faible que les Porsche Turbo dans sa catégorie, l’A310 aux couleurs du Poisson Dieppois se qualifie à la 51ème position. Le 11 juin 1977, les voitures s’élancent à 16 heures sur le circuit du Mans. A la mi-course, l’Alpine du trio Decure/Cauche/Thérier pointe déjà à la 29ème place. Mais hélas, au petit matin, l’équipage est contraint à l’abandon suite à des problèmes récurrents de surchauffe du moteur dus à un tube d’eau fuyard… Dans la catégorie GTP où l’Alpine était engagée, la victoire revient au duo Jean Ragnotti/Jean Rondeau sur une Inaltera à moteur Ford. Pour la petite histoire, cette année 1977 marque également l’engagement par Alpine Renault de trois A442 officielles. Aucune d’entre elles ne verra le drapeau à damiers cependant…

L’année suivante, l’A310 sera à nouveau engagée au Mans, mais sous de nouvelles couleurs, celles de Behar Electricité Moteur. Puis elle participera régulièrement au championnat européen des circuits. Toujours propriété de Bernard Decure, elle retrouvera toutefois sa livrée d’origine « Poisson Dieppois » à la fin des années 80. Et en 2016, l’Alpine est proposée aux enchères par Artcurial lors de sa vente annuelle au salon parisien Rétromobile. Estimée entre 200 et 300 000 euros, elle ne trouve pas acquéreur durant la vente, mais change toutefois de main l’année suivante. Ses nouveaux propriétaires la font alors intégralement restaurer, et l’Alpine est prête à temps pour retrouver l’asphalte sarthois lors de l’édition 2018 de l’événement Le Mans Classics. A l’heure actuelle, il semble qu’elle soit de nouveau en vente chez Ascott Classics, un garage spécialisé en voitures de course.

Deuxième apparition de l’A310 chez Tomica

C’est la seconde apparition de l’A310 dans la série Foreign, après la version Rally (F58-1). Esthétiquement la seule différence entre les deux miniatures est l’absence de la rampe de phares et des deux petits feux installés sur le spoiler pour la déclinaison « poisson dieppois », ,ici nommée Racing (F62-1). A bien y regarder, la reproduction de celle-ci n’est pas tout à fait exacte. Et cela commence dès la boîte en carton où l’on peut remarquer que le spoiler avant est différent de celui du modèle réel. Une différence qui se retrouve sur la miniature elle-même, qui possède également des feux avant séparés correspondant à l’A310 V6 de route alors que le modèle réel de compétition, tout comme celui dessiné sur la boîte, avait une glace abritant six phares et occupant toute la face avant. En revanche, le numéro 87 floqué sur les flancs et le capot de la voiture est conforme au modèle ayant participé aux 24 heures du Mans en 1977. Enfin, on remarquera que le châssis de l’A310 Racing est identique à celui de l’A310 Rally, le numéro n’ayant pas été changé (58).

Sans doute pour des questions de droits (ou d’échelle?), tous les sponsors de l’époque n’ont pas été reproduits sur la miniature. Et à l’exception de Motul, seuls les logos et les slogans du « poisson dieppois » apparaissent sur la carrosserie. A noter toutefois que, contrairement au modèle original, aucun sponsor n’apparaît sur les ailes arrières, ce qui était déjà le cas sur la version Racing. L’explication la plus plausible pourrait être l’impossibilité technique de peindre du fait des courbes prononcées de ces parties, mais il aurait dans ce cas été intéressant que la miniature soit livrée avec une planche d’autocollants pour nous permettre de les rajouter… Qu’importe finalement, le résultat reste tout de même très plaisant à regarder, et le fait de pouvoir ouvrir le capot moteur pour y découvrir la mécanique est très appréciable. Et on ne va pas bouder non plus la présence d’une voiture de course française dans le casting de la série Foreign, non ?

Nom du modèle Alpine Renault A310 Racing
Collection Foreign / F-Series
Numéro F62-1
Lieu de fabrication Japon
Echelle 1/60
Parties mobiles Capot moteur
Suspension oui
Accessoires non

Illustrations : Tomica et compagnie

Le casting de la série Foreign est à retrouver ici.

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